SCIENCES HUMAINES





Le problème des sciences de l'homme : l'homme est à la fois sujet et objet de la connaissance

<<Seulement la situation des sciences de l'homme est bien plus complexe encore car le sujet qui observe ou expérimente sur lui-même ou autrui peut être, d'une part, modifié par des phénomènes observés, et, d'autre part, source de modifications quant au déroulement et à la nature même de ces phénomènes. C'est en fonction de telles situations que le fait d'être à la fois sujet et objet crée, dans le cas des sciences de l'homme, des difficultés supplémentaires par rapport à celles de la nature où le problème est cependant déjà assez général de dissocier le sujet et l'objet. En d'autres termes, la décentration qui est nécessaire à l'objectivité est bien plus difficile dans le cas où l'objet est formé de sujets et cela pour deux raisons, toutes deux assez systématiques. La première est que la frontière entre le sujet égocentrique et le sujet épistémique est d'autant moins nette que le moi de l'observateur est engagé dans les phénomènes qu'il devrait pouvoir étudier du dehors. La seconde est que dans la mesure même où l'observateur est "engagé" et attribue des valeurs aux faits qui l'intéressent, il est porté à croire les connaître intuitivement et sent d'autant moins la nécessité des techniques objectives>>.
PIAGET, Epistémologie des sciences de l'homme, Coll. "Idées", Gallimard, 1970.

Peut-on rapprocher ce texte du Charmide de Platon qui évoque la difficulté de la connaissance de soi ?

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